Discours de M. Alejo Vidal-Quadras dans l’exposition sur le massacre de 1988 en Iran dans la Mairie du 2eme arrondissement de Paris

Mesdames et Messieurs,

 

J’aimerais d’ abord remercier Monsieur le Maire Jacques BOUTAULT pour avoir organisé cet événement aujourd’hui à la Mairie du 2e arrondissement de Paris.

Cette volonté de réparation historique est très nécessaire dans le cadre de la campagne internationale visant à rendre justice aux victimes du massacre de 1988 en Iran lorsque 30 000 prisonniers politiques, principalement affilié à l’OMPI, le principal mouvement d’opposition, ont été exécutés durant l’été et enterrés dans des fosses communes dans le silence total.

Aujourd’hui, nous exprimons également notre solidarité avec les nombreux prisonniers politiques qui souffrent aujourd’hui dans les chambres de torture du régime iranien, en particulier ceux de la prison de Gohardacht qui ont entamé une grève de la faim pour protester contre les mesures répressives et inhumaines du régime dans ses prisons.

Je voudrais également rendre hommage en cette journée aux 52 membres de la Résistance iranienne qui ont été exécutés par les agents du régime il y a quatre ans, le 1er septembre 2013, à Achraf. Sept autres ont également disparus, dont 6 femmes, et nous ne savons toujours pas quel a été leur destin.

Chers amis, nous avons témoigné malheureusement trop de massacres dans le monde les derniers trente années. En Bosnie, au Ruanda, en Cambodge, au Soudan, pour en citer seulement quelques-uns les plus tragiquement célèbres. Mais le crime commis par Khomeini en 1988 est d’une nature particulièrement horrible  parce-que il a été dirigé contre des milliers des prisonniers politiques qui ou bien avait été arrêtés d’une manière illégal ou bien, encore pire, étaient en prison en purgent des peines après une condamnation définitive par une cours de justice. Ce massacre a été commis, donc, contre le fondement même de l´Etat de Droit avec la froideur systématique de ceux qui méprisent tout principe légal et humanitaire.

La campagne pour la justice pour les victimes du massacre de 1988 en Iran a été lancée par Madame Maryam Radjavi et s’est développée au cours de la dernière année en Iran et aussi au niveau international. Au début, le régime iranien a tenté de cacher ce crime contre l’humanité. Ensuite, certains mollahs ont essayé de le justifier. Nous avons vu avec stupeur et indignation un monstre que s’est déclaré même  fier d’avoir organisé et exécutée cette atrocité, Et ce monstre était au moment de ces déclarations Ministre de la Justice du Gouvernement du « modéré » président Rohani. Curieuse modération, sans doute.

Ce massacre est devenu un véritable ennui  pour le régime islamiste en Iran. La campagne pour la faire connaitre, menée par différents personnalités publiques et organisations comme la vôtre aujourd’hui, a ouvert les yeux à de nombreuses personnes, même à l’intérieur du régime et a confirmé le potentiel du CNRI comme une alternative solide et crédible à la dictature des ayatolás..

Je vous rappelle que plus de 800 anciens prisonniers politiques qui avaient été emprisonnées par ce régime et qui sont membres de la résistance iranienne, sont maintenant en Albanie. Ils sont les meilleurs témoins de ce crime répugnant contre l’humanité. Ils étaient dans les camps d’Ashraf et Liberty en Irak et sont maintenant à Tirana. J’ai parlé à beaucoup d’entre eux et ils m’ont transmis ses épouvantables souvenirs de cette boucherie inhumaine.

L’appel à la justice pour les victimes du massacre de 1988 est maintenant pourtant un élément central de la résistance du peuple iranien pour un changement de régime.

Nous ne devrions pas avoir des illusions à propos de cette théocratie totalitaire. Dans son premier mandat, Hassan Rohani a nommé, comme je vous ai raconté précédemment, Ministre de la Justice un membre du « comité de la mort » de 1988. Maintenant, dans son deuxième mandat, il a désigné comme Ministre de la Justice aussi un autre auteur du massacre qui sévissait dans le sud du pays. L’Union européenne a déjà sanctionné ce nouveau ministre, Alireza Avaï, pour sa participation directe aux graves violations des droits de l’homme.

Il est essentiel que le Conseil de Sécurité de l’ONU renvoie cette affaire à la Cour Pénale Internationale pour poursuivre devant la justice les responsables du massacre.

J’aimerais profiter de cette occasion pour demander à l’UE et à nos Gouvernements de mettre la priorité sur les droits de l’homme dans leur relation avec l’Iran. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas chercher les profits économiques en marchant sur le sang de milliers d’innocents.

Mais le régime, comme tous les systèmes bâtis sur l’oppression et la terreur, est instable. Il partira tôt ou tard. Il n’y a donc aucune opportunité à investir dans cette théocratie sinistre et fragile. La France devrait, en accordance avec sa tradition, être le leader dans la défense des droits de l’homme, des droits des femmes et de la campagne pour mettre fin aux exécutions en Iran. C’est ce que nous attendons du président Macron.

Je vous félicite pour cette excellente exposition d’aujourd’hui à Paris tenue par Monsieur le Maire du 2e arrondissement, qui à l’instar de celui du premier arrondissement il y a deux semaines, devrait être un exemple pour le gouvernement français et pour l’UE

Si nous croyons que l’Europe est une communauté de valeurs, il faut les défendre parce-que l’histoire nous a montré que quand nous essayons d’acheter la paix et de gagner de l’argent au prix de nos principes nous finissons pauvre, indigne et obligés à faire la guerre. Vous, Monsieur le Maire et tous ceux qui ont collaboré  avec vous pour nous offrir cette magnifique exhibition l’avez compris très bien, Espérons que nos Gouvernements le comprennent aussi bien.

Je vous remercie.